INSTITUT D'ANDROLOGIE

- L'aptitude spatiale... se trouve présenter entre les membres d'une même famille des corrélations très voisines de ce qu'on peut attendre du modèle génétique. La corrélation - mère/fils est plus forte que la corrélation mère/fils (le chromosome X du fils ne peut venir que de la mère)... La corrélation père/fille est égale à la corrélation mère/fils (dans chacun des cas un chromosome X de l'enfant vient de ce parent) et la corrélation père/fils est voisine de O (aucun chromosome X n'est commun entre les deux)... Aucune théorie environnementaliste ou culturelle ne pourrait rendre compte de telles corrélations ".


Dans une étude sur 800 adolescents, Bock et Kolkowski ont retrouvé les chiffres de leur prédiction : environ 28 % des femmes dépassent le score moyen de (a population ; environ 50

des hommes le dépasseraient. Reste à savoir si, dans l'hérédité de l'aptitude spatiale, des facteurs polygéniques situés sur les autosomes n'interviennent pas aussi ?

Néanmoins, la présence de testostérone semble aussi nécessaire à l'expression du gène de l'aptitude spatiale ou/et à la manifestation de l'information génétique. Ainsi, dans le syndrome de Turner (XO) où le phénotype est féminin, on pourrait penser que ces femmes avec un X. unique se trouveraient dans la même situation que les hommes. Or il n'en est rien, les femmes à caryotype XO ont des aptitudes spatiales inférieures à leurs aptitudes verbales et un niveau encore plus médiocre que les femmes normales à caryotype XX.

Dans certains syndromes de Klinefelter (mosaïques XXY) quand les testicules sont très petits avec une testostérone inexistante et un phénotype féminin, les aptitudes spatiales sont inférieures aux aptitudes verbales. Dans le kwashiorkor, la déficience protéinique entraîne finalement une atrophie testiculaire et une certaine féminisation. Là aussi, les aptitudes spatiales des individus atteints de la maladie sont inférieures de façon significative à leurs aptitudes verbales et inférieures à celles des individus normaux.


Ces études suggèrent donc que la synergie gêne récessif et hormone mâle est biologiquement responsable des différences cérébrales sexuées entre hommes et femmes. " Le cerveau est un organe sexualisé ". Le cerveau des garçons et des filles, des femmes et des hommes, est organisé différemment et fonctionnent différemment à certains égards... ce qui signifie pas qu'un type d'organisation cérébrale soit meilleur que l'autre (Witelson) ou supérieur à l'autre

COMMENT AGIT LA TESTOSTÉRONE POUR INDUIRE CES DIFFÉRENCES ?


Broverman (cité par Larsen) rattache les différences de modes cognitifs à l'action des stéroïdes gonadiques sur les systèmes nerveux adrénergiques et cholinergiques. La résolution de problèmes (qui suppose la suspension de toute réponse dans l'immédiat) est facilitée chez les hommes par le système cholinergique (inhibiteur) alors que le système adrénergique (activateur) facilite les tâches répétitives. La testostérone stimule l'action de la monoamineoxydase qui est elle-même inhibitrice d'un certain nombre de neurotransmetteurs et elle facilite l'action des substances cholinergiques. À l'inverse, les oestrogènes inhibent l'action de la monoamineoxydase, inhibent les transmetteurs cholinergiques et stimulent l'activité du système nerveux adrénergique.

Ces différences d'action des hormones sur le système nerveux pourraient aussi expliquer que l'on considère que le 17-beta estradiol est le métabolite actif de la testostérone au niveau des récepteurs de certains noyaux gris centraux (lobe limbique), alors que la testostérone agit directement sur certains autres (hippocampe) et sur le cortex cérébral.

Les hormones n'induisent peut-être pas seulement des différences qualitatives, mais aussi des différences quantitatives par le biais de seuils (Maccoby). Suivant que le seuil est plus ou moins élevé, un stimulus plus ou moins fort sera nécessaire pour obtenir un certain effet. Cette notion de seuil pourrait expliquer des différences de perception, donc de réactivité entre les sexes au même stimulus ; elle pourrait également expliquer des différences dans les possibilités ou les modalités d'apprentissage.