INSTITUT D'ANDROLOGIE

Pour Gray et Buffery (cité par Larsen) qui ont étudié différents types de mammifères, y compris l'homme : " La différence d'aptitude spatiale entre les sexes est en partie liée au rôle du mâle dans les interactions de domination (au sein du groupe social) et en partie à son rôle dans la protection du groupe contre d'autres groupes... La différence linguistique entre les sexes a son origine dans le couple mère-enfant ; il est en effet indispensable que l'enfant trouve un environnement linguistique adéquat auprès de l'adulte en compagnie duquel il passe l'essentiel de son temps (!)... Au niveau du système nerveux, il y a chevauchement des structures liées au contrôle verbal du comportement et de celles qui sont impliquées dans le comportement de soumission et de crainte ; cela a pour effet de lier chez les humains la différence de craintivité à la différence d'aptitude linguistique ".

Nous n'avons pas besoin de dire que ces affirmations ne sont pas partagées par tous les auteurs qui ne tiennent nullement pour acquis, par exemple que l'agressivité et la crainte soient des concepts unitaires et mesurables, ou encore qu'il existe une différenciation aussi tranchée entre les sexes.

EXISTE-T-IL DES DIFFÉRENCES D'APTITUDE ENTRE HOMMES ET FEMMES ?


Voici l'opinion de Witelson


- Cognition.

La détermination du niveau d'aptitude est complexe et dépend outre du degré de latéralisation, des aspects de l'intelligence de l'individu. Une tâche donnée peut être exécuté de façons différente : les femmes peuvent choisir une stratégie linguistique et les hommes une stratégie spatiale globale. Ainsi pour la lecture (dont on sait que l'apprentissage peut-être fait de façon alphabétique ou globale), chez les femmes, la partie concernée serait surtout l'hémisphère gauche (analyse) et, chez les hommes, les deux hémisphères pourraient être concernés.

Une stratégie intellectuelle peut être moins efficace qu'une autre. Pour les hommes, si les deux hémisphères forment des systèmes neurologiques plus indépendant, peut-être leur est-il plus aisé de faire simultanément deux


tâches distinctes. À l'inverse, peut-être les femmes sont-elles plus capables de concentrer leur attention sur une tâche particulière à la fois ?

- Attention et perception.

Les droitiers jugent plus esthétiques les scènes dont le contenu principal ou plus important se situe dans le champ visuel du spectateur. Chez les gauchers, on n'observe pas de préférence directionnellece qui laisse à penser qu'une telle préférence perceptive est liée à la dominance cérébrale puisque la dominance manuelle lui est liée. Une étude de peintres célèbres montre un même biais directionnel dans l'organisation du contenu du tableau par les artistes. Si l'organisation cérébrale est différente pour les deux sexes, hommes et femmes peuvent avoir des préférences esthétiques ; est-il possible que les femmes peignent des oeuvres ayant une organisation de base différente de celle des hommes ?


II y aurait également des différences significatives dans les formes d'attention des hommes et des femmes qui apparaissent très tôt et sont associés à leurs différences de réceptivité physiologiques et de sensibilité aux stimuli. Le style typiquement masculin se caractérise par une médiocre sensibilité aux signaux sociaux et non sociaux les plus subtils, une capacité de distraction moindre que celles des femmes, une activité perspective restructuratrice, l'inhibition des réponses aux stimuli émotionnels internes et une tendance à vouloir multiplier les expériences de stimulation forte. Les hommes tendent à choisir des stimuli auditifs moins complexes et savent mieux circonvenir ou ignorer les stimuli environnants. Par contre ils auraient une moins grande activité olfactive, gustative, auditive et visuelle (Silverman, Money et Broverman cités par Larsen).

- Emotion.

On a récemment impliqué l'hémisphère droit dans la médiation des réponses émotionnelles. Ainsi, quand les films sont vus par l'hémisphère droit (grâce à des lunettes/, tous sont jugés plus désagréables. Dans ces études, le rôle du sexe des sujets n'a pas été extrait. Mais on peut imaginer que si les femmes ont une représentation bihémisphérique de l'émotion, elles pourraient, moins bien que les hommes, dissocier leur comportement émotionnel et analytique verbal.