INSTITUT D'ANDROLOGIE

- Implications sociales.

Les femmes sont moins bien représentées dans certaines professions : il y a très peu de femmes architectes, ingénieurs, peintres ou compositeurs, alors qu'il y a dans la musique beaucoup de femmes interprètes. Est-ce dû à une moins bonne aptitude à la vision spatiale ?


Dans tous les pays, on ne trouve qu'une infime minorité de filles dans les formations professionnelles qualifiées de mécanique même dans les pays de l'Est européen où un fort conditionnement et même des décisions d'orientation cherchaient à les pousser dans cette direction. Dans l'horlogerie, sauf de rarissimes exceptions, les femmes ne dessinent pas les mécanismes des pendules et des montres, elles n'en inventent pas et même ne les réparent pas. En URSS, il existe un enseignement pour le montage et un pour la réparation : il n'y a que des filles dans le premier et que des garçons dans le second. Enfin, il n'est pas besoin d'évoquer la pléthore bien connue des étudiantes en lettres comparée à leurs maigres effectifs en sciences (Sullerot). Cette distorsion par rapport aux hommes est peut-être due au fait que ces professions requièrent une façon de penser et de percevoir l'espace qui est mieux accompli par l'hémisphère droit.

- Implications éducatives.

Les filles apprennent plus vite à lire que les garçons. Or la lecture comporte en même temps des aspects linguistiques et de perception spatiale. Puisque les filles ont sans doute une représentation bilatérale du processus spatial, il se peut qu'indépendamment de la méthode d'apprentissage enseigné (analytique ou globale), elles soient plus aptes à intégrer les deux aspects de la lecture. Ce peut être un avantage dans l'apprentissage. Cela souligne l'importance qu'il y aurait à considérer le sexe comme une variable indépendante dans les études d'évaluation des programmes éducatifs. Beaucoup d'études indiquent que la main gauche est supérieure dans l'apprentissage et la lecture du braille, langage alphabétique.

- Implications cliniques.

Si les hémisphères cérébraux des filles sont moins spécialisés que ceux des garçons, ceux-là


devraient offrir une plus grande plasticité fonctionnelle, c'està-dire que différentes parties du cerveau doivent pouvoir relayer des fonctions que normalement elles ne favorisent pas. Cette plus grande plasticité cérébrale explique peutêtre la plus faible incidence chez elle des troubles du développement qui peuvent être associés à la dysfonction de l'hémisphère gauche, notamment les déficits linguistiques

autisme, dyslexie.

La dyslexie est 4 à 5 fois plus fréquentes chez les garçons que chez les filles ; si la représentation du langage est bien située chez eux, dans l'hémisphère gauche, il fonctionne mal : peut-être parce qu'ils ont une représentation bihémisphérique de la perception des formes ? Chez les filles dyslexiques, droitières, Witelson n'a pas trouvé de différences dans l'organisation cérébrale par rapport aux filles normales. La dyslexie semble donc relever d'une cause différente et, par conséquent, d'un traitement différent dans les deux sexes I


c) L'instinct sexuel


Cet instinct existe certainement et chez les animaux et chez l'homme. On le désigne habituellement par le terme de libido et on le traduit aussi en terme de pulsions, de désir, d'attirance par l'un ou/et l'autre sexe.


On sait combien le libido à une importance considérable en psychologie et surtout en psychanalyse, et combien de livres et de discussions passionnées ont eu pour sujet la libido. Ce n'est pas le lieu d'en parler.

Plus prosaïquement on peut poser la question de savoir si cet instinct est, lui aussi, déterminé par la biologie ? Nous nous bornerons à rappeler les constatations suivantes

- L'enfant castré tôt a, plus tard, une libido réduite ou pas de libido du tout. On peut arguer alors que le libido a été sublimée dans d'autres activités. Néanmoins la prescription d'androgènes rétablit le désir sexuel, après la puberté.

- Dans les cas de puberté précoce avec macrogénitosomie et un taux de testostérone qui est celui de l'adulte, on observe chez les enfants une excitation sexuelle souvent importante avec