INSTITUT D'ANDROLOGIE

masturbation, attirance vers les femmes jusqu'à les importuner de façon très gênante. Cette libido excessive se traduit par un comportement incoordonné et sans but conscient. L'enfant est en "rut", avec un passage à l'acte désordonné et sans recherche de coït.

- Rapprochons ces observations de celle récente observée en Allemagne, où un adulte avec un taux de testostérone très supérieur à la normale, présentait une excitation sexuelle excessive - avec nécessité de plusieurs rapports sexuels quotidiens - qu'aucun traitement n'arrivait à faire céder.

- Chez l'adulte, la castration bilatérale ne supprime nullement le désir même si, à la longue, il faiblit : ainsi les eunuques ou les castrats du XVllle siècle.

- Chez l'adulte également, on observe de façon assez fréquente la disparition du désir sexuel ; en même temps, dans un certain nombre de cas, on constate une baisse ou un effondrement de la testostéronémie - mais ce n'est pas la règle. Dans ce cas-là, le traitement par androgènes fait réapparaître le désir sexuel.

- Le cerveau notamment au niveau de l'hippocampe et du lobe limbique contient des récepteurs aux androgènes. Leurs fonctions sont mal connues. Formations parmi les plus anciennes du cerveau, sont-elles le siège de l'instinct sexuel ? Ce n'est pas démontré. C'est peut-être à ce niveau qu'agirait la stimulation des cornets du nez qui a parfois un effet heureux pour rétablir désir et puissances sexuels.


Au total, on peut dire que l'hormone mâle n'est sans doute pas responsable du désir lui-même, mais probablement de son déclenchement. Une imprégnation androgène minima du cerveau est nécessaire pour que se manifeste l'instinct sexuel et que se développent les processus psychologiques qui le régissent.


Dans le choix de l'objet sexuel, la biologie intervient-elle ? La question se pose essentiellement à propos des sexualités différentes.


En ce qui concerne la transsexualité et le transvestisme, certainement pas : la testostéronémie est normale ; ailleurs un certain nombre



de transsexuels, avant d'entamer leurs transformations, ont eu des enfants normaux. Par contre, ainsi que nous l'avons dit plus haut, peutêtre un accident hormonal (facteur de modifications hypothalamiques) est-il intervenu juste avant ou juste après la naissance, comme cela a été montré chez les animaux ?


En est-il de même pour l'homosexualité ? Certaines études avaient semblé montrer que, chez les homosexuels, le taux de testostéronémie était plus bas que chez les hétérosexuels ; les hommes dont l'homosexualité était la plus marquée avaient les taux de testostérone les plus bas (Kolodny, cité par Larsen). Mais ces résultats n'ont pas été confirmés par la suite.


L'hypothèse alors a été émise que l'homosexualité pourrait être amorcé par une relative insuffisance androgénique au cours du premier stade de l'organisation hypothalamique ou au moment de la crise post-natale et dont la conséquence serait une différenciation de l'hypothalamus plus féminine que masculine. Ultérieurement, les androgènes n'auraient que peu ou pas d'effet sur le cerveau dont la différenciation féminine est effective. L'activation chez les homosexuels d'un feed-back fortement positifs aux oestrogènes serait la preuve d'une différenciation féminine de l'hypothalamus (borner).


Ces données biologiques, si elles sont confirmées, ne doivent néanmoins pas faire oublier le contexte éducationnel de l'enfant et de l'adolescent qui est sûrement au moins aussi important pour l'évolution vers l'homosexualité.


d) L'instinct paternel


Existe-t-il comme il existerait un instinct maternel ?


e) La psychologie


La question se pose à nouveau de savoir si les androgènes peuvent influencer directement ou indirectement la psychologie du sujet, son comportement, voire déterminer des troubles psychiatriques.


L'AGRESSIVITÉ



Les hommes ont des caractéristiques physiques mieux adaptées à une activité vigoureuse et énergique qui les prédisposent à l'agression physique : force de préhension plus grande (60 %), masse et force musculaires plus grandes (de moitié supérieure à celles de la femme), taux supérieur du métabolisme basal, un coeur et des poumons proportionnellement plus larges (la supériorité des garçons passe de 7 % à l'âge de 6 ans à 35 % à l'âge de 20 ans) et une plus grande capacité de neutralisation des métabolites comme l'acide lactique (Larsen).