INSTITUT D'ANDROLOGIE

Chez l'homme, l'agressivité est au moins en partie liée à l'action de la testostérone, comme le montrent les injections de l'hormone à des individus castrés ou hypogonadiques ou comme le prouve encore l'utilisation d'androgènes par les sportifs lors des compétitions de haut niveau (l'action sur les muscles n'est pas le seul but recherché).


Persky a établi une correspondance entre les mesures de l'agressivité masculine et les niveaux de testostérone, exception faite des hommes âgés qui produisent moins de testostérone.

De même, Kreuz et Rose, en étudiant 21 détenus, ont constaté des niveaux de testostérone supérieurs chez les hommes dont le passé de jeunes délinquants comportait des voies de fait, par rapport à ceux dont l'histoire ne mentionnait pas de violences. Mais ces résultats n'ont pas été confirmés par la suite.


Néanmoins, Deniker fait remarquer que

- Parmi la population pénale française, actuellement incarcérée, les hommes représentent une proportion de 95 % ! Dans les statistiques des délits de la Police Judiciaire, 87 % des personnes mises en cause sont des hommes.


- Parmi les toxicomanes, 4 fois sur 5 il s'agit d'hommes.

- Parmi les transsexuels, 4 fois sur 5, il s'agit d'hommes réclamant leur transformation.

Nous avons indiqué plus haut comment la testostérone peut agir au niveau du cerveau. Reste à préciser dans quelle partie exactement et comment se déclenche l'agressivité. En outre, il est évident que le niveau d'agressivité d'un individu dépend aussi des facteurs d'environnement, notamment


- du niveau social : plus le niveau culturel est élevé et moins l'agressivité est grande et inversement ;

- du climat social : en temps de guerre ou cas de menaces directes sur l'individu, l'agressivité est beaucoup plus grande.

" L'agressivité et la force musculaire, commente O. Thibault, ont pu à l'origine expliquer l'attribution de certaines fonctions sociales aux hommes et surtout l'établissement de leur domination. "


EN PSYCHIATRIE


Toutes les études épidémiologiques établissent une prépondérance masculine des troubles chez le garçon

- difficulté d'apprentissage : dyslexie (5/1),

- énurésie,

- autisme infantile : 3 pour 1,

- déviations comportementales,

- psychopathies, schizophrénie (Flor-Henry).

Les hypothèses avancées pour expliquer ces constations sont les suivantes (Eisenberg)


- Vulnérabilité génétique (un seul chromosome X avec risque d'allèle pathologique non réprimé/.

- Vulnérabilité développementale : le comportement agressif peut mettre le petit garçon en conflit avec l'impératif social de conformité ; moins grande précocité du garçon avec risque d'un échec dans les premières années de la scolarisation.

- Rôle des influences sociales : la correspondance au stéréotype masculin attendu du garçon dans la préadolescence peut-être cause d'un excès de tension ; l'impératif social de réussite joue certainement au grand rôle dans celte tension.


Nous en reparlerons dans la partie concernant les processus d'identifications.