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INSTITUT D'ANDROLOGIE


II - L'ÉLABORATION DU MASCULIN

Chez l'animal, le programme génétique lié au sexe est minutieusement réglé, nous l'avons vu. Grâce à une cascade d'événements biologiques

imposés par ce programme, le mâle est peu à peu façonné de façon à être capable de remplir les fonctions sociales auquel il est destiné

- reproducteur (spermatogenèse, copulation),

- nourricier (quête de nourriture),

- défenseur (de lui-même et de sa progéniture).

Le rôle social du mâle est rendu possible non seulement par le développement de caractéristiques anatomiques (appareil génital, force musculaire), mais aussi par l'infiltration dans son comportement d'automatismes très précis. Ces automatismes n'admettent pratiquement pas de variantes et ne laissent aucune place au hasard ou à une quelconque volonté de changement. Ils ont pour la plupart une origine génétique, via des relais hormonaux ; quelquesuns , cependant, sont acquis pendant la période prépubère (jeux).


La finalité de ces comportements prédéterminés, c'est la transmission du patrimoine de l'espèce et sa conservation, donc sa perpétuation. On peut dès lors penser que, pour les espèces animales, l'évolution est achevée ou terminée, puisque la possibilité de changements n'existe pas.


Chez l'homme, on observe aussi une fabrique du mâle qui s'effectue - pour ce qui concerne la morphologie - en deux étapes ; celles-ci s'achèvent, l'une peu après la naissance, l'autre à la fin de l'adolescence. Ce modelage morphologique aboutit à la création d'un individu dont l'habitus est dit masculin et dont l'équipement génital lui permet d'être reproducteur. La fabrique du mâle humain est donc analogue à celle de l'animal.


En revanche, l'acquisition du comportement dit masculin s'effectue de façon très différente de celle de l'animal tout entier soumis au biologique. Nous avons vu que chez l'animal, le comportement est acquis par un mécanisme involontaire, d'origine génétique, donc " intérieur " à lui. Chez l'homme, même si quelques traits ont une origine hormonale (agressivité, réflexes de défense, fragilité psychologique), l'essentiel du comportement masculin est acquis de façon " volontaire " par rapport à une référence extérieure à lui, c'est-à-dire un modèle masculin.



Aussi l'élaboration du masculin peut-elle être considérée d'une double façon : historique (ou sociale) et individuelle.


a) D'un point de vue historique

comment l'individu mâle est-il passé de la brute bestiale à l'homme pensant, responsable d'un certain nombre de fonctions sociales dites masculines ? II s'agit évidemment d'un très vaste et passionnant sujet qui sort du cadre de ce chapitre. Néanmoins, nous pensons qu'on peut avancer quelques explications

- Le nouveau-né humain vient au monde dans un état quasi " larvaire ". Par comparaison aux autres animaux qui, par exemple en quelques jours ou semaines, sont capables de marcher et d'une certaine autonomie, le garçon naît à l'état d'ébauche. II aura donc besoin de la couveuse parentale pendant au moins plusieurs années pour achever sa formation et être capable d'autonomie.

- La transmission des codes comportementaux se fait parle biais de l'éducation et non par un intermédiaire hormonal.

- Le développement considérable de la psychologie chez l'humain va moduler plus ou moins fortement la transmission et l'acquisition des comportements au cours de l'éducation.

- L'existence d'une conscience et de la liberté de choixc'est-à-dire la possibilité de dire " non " à ce qui est proposé - rend aléatoire (et non plus déterminée) l'acquisition de l'identité masculine.

- En outre, conscience et liberté vont donner une autre dimension au comportement ainsi acquis, que l'on peut appeler " morale " : la société qualifiera de bon ou de mauvais tel ou tel comportement. Cette intrusion de la morale dans l'éducation va encore compliquer les processus d'identification. Nous le verrons plus loin.

- En même temps, conscience et liberté ouvrent la porte à la notion de progrès, puisqu'on peut imaginer un comportement nouveau qui améliore la façon dont est remplie telle fonction sociale et, au bout du compte, le fonctionnement de la société.

- Les fonctions sociales auxquelles le garçon va être appelé sont plus nombreuses et plus élaborées que chez l'animal ; surtout leur finalité