INSTITUT D'ANDROLOGIE

peut être transformée. Par exemple, chez l'animal, la copulation ne sert qu'à la reproduction et c'est un acte généralement très bref. Chez l'homme, la copulation servira, bien sûr à la reproduction ; mais d'une part, elle pourra avoir lieu en dehors de toute finalité reproductrice, d'autre part autour de la copulation va s'élaborer la sexualité qui " transcende ", et de loin, cet acte sexué. II en est de même de la fonction paternelle : l'éducation n'est pas une simple transmission de codes.


Au total, dans toutes les fonctions masculines, on voit bien l'analogie avec ce qui se passe chez l'animal. La base biologique existe - un peu comme le coquetier pour l'oeuf et l'on pourrait dire que le masculin c'est le mâle plus la psychologie (ou la liberté). De façon un peu emphatique, le masculin c'est la transcendance du mâle.


b) Au niveau individuel,

le bébé puis le garçon, élaborent progressivement une identité masculine grâce à des processus d'identification que nous décrivons plus loin. Pendant la longue période où la personnalité de l'enfant se forme peu à peu, le fil conducteur qui lui permet de découvrir progressivement et de se forger une identité, c'est un modèle d'homme. Le modèle conduit à l'identité : " c'est la voie qui permet à une personne de s'affirmer elle-même dans le monde " (Bergeron).


III - LE MODÈLE MASCULIN


C'est le portrait-robot des qualités et comportements de l'homme moyen proposé à l'individu par une société déterminée pour qu'il s'y conforme. La société va donc fournir des modèles pour chacune des fonctions requises

professionnel, familial, sexuel, etc... et aussi culturel. Ces modèles sont sexués, c'est-à-dire qu'ils ne sont pas les mêmes en fonction du genre. Si l'individu les adopte, il sera alors reconnu par la société et il y trouvera sa place. S'il ne l'adopte pas, il restera marginal, sans place définie dans la société ; le marginalisation peut aller jusqu'à l'exclusion des " asociaux ". Autrefois une telle expulsion était l'équivalent d'un arrêt de mort.


1) Quelles sont les fonctions masculines ?

La société en tant que système organisé a besoin que chaque individu qui la compose joue un (son) rôle, remplisse un certain nombre de fonctions pour éviter confusions, batailles et anarchie. "Chaque homme à sa place, une place pour chaque homme ", telle pourrait être la devise d'une organisation sociale idéale.


Parmi ces fonctions sociales, certaines sont liées au sexe de l'individu. Ces fonctions peuvent varier dans le temps et en fonction des circonstances.


a) Chez l'adulte marié


Les observations historiques et quotidiennes permettent de dégager ce que l'on pourrait appeler un octogone de fonctions, c'est-à-dire 8 facettes d'activités proprement masculines ou considérées comme tel. L'homme doit être


- un amant : à la puissance non défaillante,

- un reproducteur : capable de féconder sa partenaire,

- un mari : c'est-à-dire un compagnon de vie, amoureux, agréable, compréhensif et aidant,

- un professionnel, c'est-à-dire un technicien capable d'assumer sa tâche et de gagner l'argent pour nourrir sa famille avec les codes à respecter.

- Un protecteur : capable de défendre la famille contre toute agression extérieure ; éventuellement il sera militaire,


- Un chef: sachant gérer les biens de la famille,


- Un père : capable d'éduquer ses enfants,


- Un fils : honorant et aidant ses parents.


On remarquera qu'une liste analogue et parallèle de fonctions pourrait être établi pour la femme. Deux fonctions ferait sûrement l'objet de discussions : protecteur et chef. Ces deux fonctions dévolues traditionnellement au genre masculin font l'objet de revendications féminines actuelles.