INSTITUT D'ANDROLOGIE

besoin de le déshabiller ! Ces caractéristiques sont anatomiques (habitus), vestimentaires, psychologiques, comportementales...

Habituellement, sexe et genre sont cohérents. Mais il est des cas où il y a divergence entre les deux, par exemple dans le transvestisme et le transsexualisme. Ces divergences interpellent profondément l'identité liée au sexe. Aussi Money et Ehrardt distinguent-ils dans le genre deux aspects

- l'identité de genre qui caractérise l'expérience intime du rôle de genre.

- le rôle de genre qui caractérise ce que dit et fait une personne et permet de repérer son sexe (expression publique du sexe).

Codes et stéréotypes ont varié dans le temps et suivant les pays. Le "macho" latin n'est pas le mâle scandinave ; l'homme des villes n'est pas tout à fait celui des champs ou des mers ; les codes ne sont pas tout à fait les mêmes pour le savetier et pour le financier. De même, historiquement, les stéréotypes qui définissent les qualités et déterminent la place de l'homme et de la femme dans la société ont évolué au cours des siècles et des millénaires. Les causes de ces changements sont essentiellement d'ordre

économique (survivre), scientifique (progrès techniques), événementiel (guerre), géographique (désert, campagne, mer, ville), religieux (culture)...


Finalement, le modèle reflète l'environnement économique et culturel dans lequel l'enfant va baigner et dans lequel l'homme va plus tard évoluer.


3) Quel est le modèle masculin actuel ?


L'étude des stéréotypes et des codes de comportement du modèle masculin a fait l'objet de nombreuses études sociologiques et psychologiques. Aussi nous borneronsnous simplement à indiquer quels en sont les caractéristiques essentielles.


En Occident ", " la tradition a favorisé une conception bipolaire des rôles sexués remarquent Bergeron et Gaudreau. L'homme doit


être autonome, très conscient de son identification sexuelle, fort, confiant en soi, actif, capable d'assertion, compétitif, rationnel, orienté vers un but ". Selon Dunlop : " les hommes représentent la division, le raisonnement, l'intérêt pour les abstractions, l'activité, le leadership et la distanciation de son corps propre ".

La masculinité se caractérise donc par une image et des rôles centrés sur la dominance. Ainsi, la science est faite à l'image de l'homme, c'est-à-dire qu'elle fait appel à l'impersonnalité, à une grande habileté et au détachement (Manthorpe)...


La femme se caractérise par le facteur affectif, la conscience de ses sentiments, la gentillesse et le tact (Jayne). La femme est supposée être faible, soumise et émotive (Hoferek). Selon Freud, les trois composantes essentielles de la personnalité de la femme soient : la passivité, le masochisme et le narcissisme.

Dans la vision traditionnelle, les femmes représentent la globalité, l'intuition, l'intérêt pour le concret, les sentiments, la passivité, la réceptivité, la différence et l'enracinement corporel (Dunlop). II n'est pas surprenant que dans l'optique de l'idéologie scientifique, les femmes soient passives, faibles, émotives et dépendantes (Manthorpe).

La pensée orientale présente aussi deux pôles pour rendre compte de la réalité des êtres. Le yang correspond à : masculin, expansif, progressiste, agressif, compétitif, rationnel, analytique. Le yin s'identifie à : féminin, intégré, conservateur, souple, coopératif, intuitif, synthétique. Cependant " il convient de souligner que ces deux pôles correspondent à des situations limites et que les hommes et femmes se situent existentiel lement entre ces deux pôles " (Bergeron et Gaudreau).

Dans une étude datant de 1985 auprès des " professionnels et professionnelles oeuvrant dans des domaines reliés à la sexualité ", Bergeron et Gaudreau ont essayé de voir quelles étaient les perceptions respectives des hommes et des femmes concernant la masculinité (au Canada). Les données sont résumées dans le tableau II.