INSTITUT D'ANDROLOGIE

(Les : capacités "érectiles", "érotiques", etc.) et à la capacité d'être "fort" psychologiquement. Dans ce dernier cas, il s'agit de la capacité constante d'affronter les difficultés de la vie, de ne pas faire d'erreur, de sentir : "je suis capable de...", d'avoir le contrôle, de détenir la vérité, etc. L'identité masculine est aussi caractérisée par des éléments reliés à l'affirmation de soi : s'afficher, être fonceur, réaliser ses ambitions, ressentir le besoin d'être meneur, de prouver des choses, de conquérir. Selon nos répondants, divers autres éléments sont également caractéristiques de l'identité masculine : être tourné vers l'extérieur, être anxieux sur le plan financier, être psychiquement stable, être cérébral, faire des efforts instantanés, avoir besoin de remplir son rôle, avoir la satisfaction d'être homme plutôt que femme, attacher de l'importance au travail, se centrer sur des objets à acquérir, se remettre en question, avoir de la difficulté à se montrer tel que l'on est, se sentir à l'aise dans les modèles, et avoir un potentiel de violence. "


Toutes ces données ont été établies à partir d'un public nord-américain et par le biais de " professionnels de la sexualité ". Elles paraissent néanmoins assez bien refléter les stéréotypes actuels du monde occidental.

II y a finalement peu de différences dans la manière de caractériser l'identité masculine (identité de genre) et la masculinité qui en est son expression publique comme si l'être s'identifiait à l'action ou au paraître. Peut-être parce que le concept d'identité masculine est encore trop récent pour être passé couramment dans les mentalités ?


Levinson et colt vont encore plus loin. Dans un livre intitulé " The seasons of a man life " (Les saisons de la vie d'un homme), les auteurs décrivent et partagent la vie d'un homme adulte


aux U.S.A. en 8 périodes


- transition de l'adulte jeune (17-22 ans) : il se forge une identité d'adulte ;

- entrée dans le monde adulte (22-28 ans) anxiété et difficultés ;

- transition de la trentaine (28-33 ans) : choix définitif d'une structure de vie ;

- établissement (33-40 ans) : parvient à un rang social source de revenus et d'estime ;

- entrée dans l'âge moyen (45-50 ans) parachever ce qui a été mis en oeuvre ;

- transition de la cinquantaine (50-55 ans) crise, essai d'intégration des composantes féminines ;

- fin de l'âge moyen (55-60 ans) : construction d'une autre structure de vie ;

- fin de l'âge adulte (60-65 ans) : tournant du cycle de la vie.

On remarquera que les auteurs décrivent un cursus de l'américain moyen (d'un certain milieu) une fois achevée son identification au genre masculin. C'est donc une description de rôles de genre après identification. C'est aussi une sorte de code de la route de la vie, balisée pour l'homme moyen, une façon implicite aussi de " normatiser " : il faut faire ceci, ne pas faire cela ; il faut avoir des états d'âme ; il faut se stabiliser après une période de crise ; il faut intégrer telle donnée, etc... Cette façon de " normaliser " la conduite de l'Américain moyen laisse peu de place à l'initiative individuelle.


Cet exemple montre néanmoins comment peut s'y prendre la société pour diffuser des modèles masculins.


4) Critique du modèle masculin

Les caractéristiques figurant dans les tableaux ci-dessus ne sont qu'une photographie, qu'un instantané de l'état à un moment donné du modèle masculin qui n'est pas - historiquement un modèle statique mais en perpétuelle évolution, même s'il y a de sérieux nids de résistance (force, compétition, domination).

Le modèle méconnaît les mouvances de la situation actuelle qui tendent à remettre en