INSTITUT D'ANDROLOGIE

question certains stéréotypes régissant les vies
privée et publique, et à redéfinir les statuts
sociaux respectifs de l'homme et de la femme.
Quant aux stéréotypes eux-mêmes, on peut
regretter la présence ou l'absence de tel ou tel.
Mais ce ne sont ni l'auteur, ni le lecteur, ni les
professeurs qui définissent et proposent le
modèle. Les stéréotypes expriment d'une
manière qui peut être statistique, le consensus
culturel d'une population sur le ou les rôles
qu'elle réclame à chacun de ses membres.
Voudrait-on individuellement changer le modèle
pour changer le statut des hommes et des
femmes qu'il faudrait non seulement obtenir
l'assentiment de la société, mais surtout obtenir
l'adhésion intime de chaque individu de cette
société au nouveau modèle - ce qui est une tout
autre affaire ! Les mentalités ne connaissent que
de lentes évolutions, pas des révolutions I
En pathologie, on connaît les méfaits de
certains stéréotypes tels que le souci d'être fort et
performant ou de masquer ses émotions. Outre
qu'il en résulte des refoulements regrettables
comme celui de la sensibilité, la performance
aussi bien dans le domaine sexuel que dans le
domaine professionnel peut être source
d'angoisses, de peurs, de dépression.

D'une manière générale, on peut regretter la
bipolarisation des stéréotypes ; elle nous paraît
dangereuse, dans la mesure où elle méconnaît la
réalité humaine. Cette réalité est qu'il y a dans
chaque homme ou femme, une part masculine et
une part féminine (comme le symbolisent, au
moins pour l'homme, les chromosomes X et Y).

Pour l'homme, méconnaître la part féminine qui puberté,

est en lui, c'est courir un risque sérieux de
déséquilibre de la personnalité, sans parler des
conséquences sociales éventuelles. Bien se
connaître, c'est aussi reconnaître la part de
l'Autre qui est en soi - ainsi que le symbolise le
Tao oriental.

IV - L'IDENTIFICATION MASCULINE


L'identification au modèle, ce sont les
processus et les moyens qui conduisent un
individu à son identité, c'est-à-dire à être, en
l'occurrence, un homme.

Les trois questions qui se posent sont : quand ? par qui ? comment ?


1) Quand se produit l'identification

"L'étude clinique des anomalies hermaphrodites et pseudo hermaphrodites a permis d'établir qu'au-delà de l'âge de 3 ans, les enfants surmontent facilement la réassignation si les adultes autour d'eux se conduisent d'une façon qui s'accorde avec le nouveau sexe " (Luria). C'est souligner d'emblée l'importance du sexe d'assignation et du sexe d'élevage.

Selon Maccoby et Jacklin, il y a peu de différences comportementales selon les sexes chez les très jeunes enfants jusqu'à 2 ou 3 ans. Les premiers signes différentiels apparaissent avec le choix des jouets. On peut donc en conclure que la première période d'identification se déroule pendant les trois premières années.


II existe une deuxième période d'identification pour le garçon qui commence avec les difficultés liées à la résolution du complexe d'OEdipe, ainsi que l'a montrée la psychanalyse ; cette période s'achève généralement avec la puberté, parfois plus tard.


II existe d'autres périodes d'identification plus tardives et plus accessoires quand le sujet cherche un modèle de héros, un modèle de maître (à penser) ou simplement un modèle professionnel.


Au total il existerait 3 périodes d'identification


identification primaire, jusqu'à 3 ans,


identification secondaire, jusqu'à la fin de la

- identification (s) tertiaire(s), à des moments variés pendant et après la puberté.


2) Qui sont les agents de l'identification?

Ce sont à la fois les personnes et les objets.


a) Les personnes


Dans l'enfance, il s'agit essentiellement des proches, au premier rang desquels se placent les parents ; mais aussi les grands-parents, les frères et sueurs et plus accessoirement les oncles et tantes ou les voisins.