INSTITUT D'ANDROLOGIE

Plus tard, interviennent les enseignements et les éducateurs, notamment les religieux.


Puis des personnages réels ou imaginaires venant des contes et histoires (Le Petit Poucet, Napoléon, Pasteur ...) ou encore des vedettes de cinéma (héros), de la chanson (star) ou du monde politique (pouvoir).


b) Les objets,

source d'informations, sont

- les sons : importance de la voix, de la lecture, de certains bruits ;


- les images : des livres, de la télévision (symbole social par excellence), des journaux et magazines ;


- la lecture : importance des contes et légendes pour la constitution de l'imaginaire (Bettelheim) ;


- le toucher : chez les Noirs d'Afrique, l'enfant porté par sa mère est en contact permanent avec elle pendant des mois.


3) Comment se fait l'identification?


C'est sans doute la question à laquelle il est le plus difficile de répondre. On sait décrire les phénomènes et en donner des interprétations idéologique, structuraliste, psychanalytique, phénoménologique, comportementaliste, environnementaliste, etc... Mais on sait très peu de choses sur l'intimité biochimique ou/et psychologique des phénomènes qui conduisent à l'identification, en l'occurrence masculine. Le plus souvent on décrit donc des mécanismes plausibles, mais qui n'ont pas été démontrés scientifiquement.


Les principaux mécanismes en cause seraient l'imprégnation, l'imitation, l'expérimentation, l'information.


a) L'imprégnation

est un mécanisme par lequel le bébé et le petit enfant " pompent ", en quelque sorte comme une éponge, toutes les informations qui leur parviennent essentiellement par le toucher, l'ouïe et la vue. Leur mémoire les enregistre et les intègre plus ou moins tel quel c'est le début de la formation de l'inconscient.


En ce qui concerne le sexe, il est évident que les informations et les messages reçus par l'enfant seront codés, c'est-à-dire orientée en fonction du sexe qui lui a été assigné (l'assignation commence avec la déclaration à l'état civil du sexe) et dans lequel il sera élevé, ou sexe d'élevage. S'il est considéré comme un garçon, seuls des messages " garçon " ou masculin lui parviendront. Par exemple "il est beau ce garçon ", " il est fort ", " il est comme son papa ", etc...


L'expérience de Luria rend compte de ce processus d'étiquetage. À un groupe de pères et de mères auxquels on demandait leurs impressions sur leur bébé (réunis dans un groupe homogène de caractéristiques), 24 heures après la naissance, les réponses étaient presque toujours stéréotypées


- les garçons étaient : grands, solides, aux traits marqués,


- les filles étaient : petites, belles, mignonnes, gentilles, aux traits fins, significativement plus distraites que les garçons


La tendance à stéréotyper le bébé était plus grand chez le père que la mère d'un même enfant : "Les pères voient leur fils solide, avec des traits marqués, alors que les mères d'un même fils le voient doux avec des traits fins. Les pères les voient doués d'une meilleure coordination, plus éveillés et plus forts que ne le voient les mères, même si les deux parents sont d'accord pour trouver que leur fils est éveillé, costaud et a une bonne coordination".


"La seule différence intéressante se trouve dans le fait que les mères ont davantage envie d'embrasser leurs petits garçons et les pères leurs petites filles - effet que nous avons baptisé l'effet oedipien inversé."


Et Luria poursuit : "Une société qui "voit" des différences aidera à créer ces différences dans l'esprit des parents... Les étiquettes ont toutes les chances d'agir comme des prophéties qui s'accomplissent d'elles-mêmes avec les enfants... L'étiquetage des parents influence les différences de sexe tout au moins dans la façon dont les parents perçoivent, et par ricochet, dans l'image