INSTITUT D'ANDROLOGIE

base, le processus d'identification se poursuit jusqu'au-delà de la puberté. Le résultat final est en une mosaïque où, pour l'homme, l'identification masculine est largement prédominante.


"Toute l'oeuvre de Money et de Stoller tend à montrer que c'est l'environnement qui domine le biologique et non l'inverse. (Badinter).


L'imprégnation suggère un processus continu qui se poursuit jour après jour, mois après mois, où la répétition de l'information permet " d'enfoncer le clou " de la certitude ou de la conviction. II est donc malaisé d'en dégager des faits saillants alors qu'il s'agit sans doute de la sédimentation dans l'inconscient d'innombrables petits faits que cimentent leur homogénéité et leur concordance. Finalement l'individu finit par se mettre dans et être le rôle qu'on lui a assigné : il est complètement entré dans la "peau" du personnage masculin.


b) L'imitation

est un mécanisme d'approbation symbolique de la personne présentée ou considérée comme un modèle - pour différentes raisons : pour le plaisir, pour l'amour, pour la norme, pour l'idéal, pour les effets bénéfiques que le modèle est réputé procurer, etc...


L'imitation peut être involontaire, automatique ou volontaire. Elle emprunte tout : la voix, le geste, le vêtement, la coiffure, le comportement. C'est une façon de s'incorporer dans ou d'incorporer le modèle, de " rentrer dans ses vêtements " ou sa peau.


On peut imiter n'importe quelle personne ou personnage : père ou son substitut (grand-père, oncle, beau-père, père d'un camarade.../, frère, maître d'école, général, agent de police, saint, vedette de cinéma, patron d'entreprise, etc... Le choix du modèle dépend évidemment du " but " recherché et de l'âge auquel ce procédé est utilisé. II a l'avantage d'être facile à réaliser et peut être répété jusqu'à l'obtention du but recherché.


L'imitation est un procédé utilisé à tous les âges de la vie. Elle se retrouve dans beaucoup de jeux d'enfants qui "singent " quelqu'un ou quand ils jouent "au papa et à la maman ", "au docteur", etc... Ou encore quand en s'adressant à l'enfant,


le père dit "Fais comme moi ! "et la mère dit" Fais comme papa", ou "Fais comme ton frère !" ou "comment va mon petit homme ?" "Faire comme" est un début d'être


La contre imitation ou l'évitement, c'est faire exactement l'inverse du modèle, qui joue alors le rôle de " repoussoir ". C'est éviter d'être et de faire, c'est ne pas être et ne pas faire. Le modèle joue alors un rôle négatif. Le mécanisme joue surtout sur certains gestes (par exemple " ne pas être maniéré "), façon de parler, comportements ("Ne fais pas comme ta sueur" ou "comme Untel") ("Ne pleure pas comme une fillette") et vêtements ("Tu na vas pas t'habiller comme..."). Les aspects évoqués dans la négation utilisée sont considérés comme étant mauvais ou malsains (" Ne va pas là ! "), donc péjoratifs pour la structure de l'individu.


Cette association d'imitations et de contre imitations finit au total par jouer un rôle de codes qui comporte à la fois des recommandations et des interdictions ; l'aspect magique n'en est évidemment pas exclu puisque le fait de faire ou de ne pas faire apporte " automatiquement " quelque chose de bénéfique ou non.

Ces mécanismes d'imitation et de contre imitation sont faciles à utiliser. Ils jouent certainement un grand rôle dans l'identification du genre, notamment vis-à-vis des parents ; surtout ils permettent, en partie, la réalisation du complexe d'Oedipe, quand l'enfant d'abord identifié à la mère dont il est amoureux rompt avec ce lien pour choisir l'identification au père ou son substitut.

On peut aussi transgresser le code avec les risques que cela comporte, mais il s'agit déjà de l'expérimentation.


c) L'expérimentation

est un processus par lequel le sujet essaie un certain nombre de comportements afin de vérifier ce qu'il va en résulter ; le système d'évaluation du résultat de son expérience est généralement binaire

plaisir douleur ; récompense punition : bénéfice ou absence de bénéfice ; compensation plus ou moins.