INSTITUT D'ANDROLOGIE

autant l'esprit de compétition quand ils seront adultes ? Les garçons dominant seront-ils nécessairement les hommes dominants de la société adulte ? Sûrement pas. Avec le temps, les hiérarchies fondées sur la bagarre se désorganisent : de nouveaux meneurs apparaissent, des meneurs différents pour différentes sortes d'entreprises. À la fin de l'adolescence et à l'âge adulte, la capacité à devenir " leader " dépend principalement de compétences et de connaissances particulières, des idées qu'on a formées, de l'aptitude à se concilier des factions rivales, à aider les membres du groupe, à fixer des objectifs au groupe. Le maintien du meneur enfant dans la même position à l'âge adulte ne s'observe que dans des situations assez limitées où seul un style de leadership agressif et coercitif peut être efficace, par exemple lors de guerres."


La mise en situation : les enfants reconstituent dans un jeu le scénario d'une histoire réelle ou supposée (cinéma, TV, livre) : " alors on dirait que... et l'on ferait ci et ça..." etc) permet plus facilement l'identification à un personnage remarqué, à un héros : Zorro, Tarzan, Napoléon, etc...


Certains jeux ne sont pas " innocents " : ainsi jouer " au docteur et à l'infirmière ", jouer " au papa et à la maman " permettent de distribuer les rôles masculins et féminins ; en imitant les comportements respectifs de l'homme et de la femme, du père et de la mère, il est évident qu'un apprentissage se produit.


Ces jeux peuvent aller plus loin, à mesure que les enfants prennent de l'âge : le " papa " et la " maman " peuvent jouer à " touche-pipi ", puis se gratifier par une masturbation réciproque (" flirt ") et enfin avoir leur premier rapport sexuel.


Ce dernier paragraphe indique bien que le corps luimême peut être terrain d'expérience, notamment dans la découverte de l'érotisme

plaisir de la caresse par les parents, puis auto caresse de la peau, puis de l'appareil génital ou/et de l'anus pour aboutir à la masturbation de soi-même ou d'un autre et au coït.


De même, les jeux avec les parents ne sont pas innocents : pour un garçon jouer avec son père


ou avec sa mère, c'est non seulement découvrir un parent, mais c'est aussi faire l'expérience d'une relation entre individus du même sexe et de l'autre sexe - c'est découvrir le même et l'autre, au travers des gestes, des caresses, des baisers

le plaisir érotique s'apprend par cette relation. II apprend ce qu'il peut attendre de l'un et l'autre sexe et ce à quoi il doit réagir. Le garçon peut enfin trouver l'occasion de découvrir la féminité et la part de celle-ci qui se trouve forcément en lui.


Avec les camarades de jeux (garçon ou fille), l'expérimentation des rapports homo ou hétérosexuels se poursuivra. Sans doute l'agressivité et la bagarre amèneront à des situations de dominance, de craintivité et de hiérarchie. Mais les jeux sexuels (homo ou hétéro) ainsi que je l'évoquais plus haut, font partie de l'apprentissage de la sexualité.


L'éveil à l'intérêt sexuel réciproque dans l'adolescence est le facteur qui, sans doute plus qu'un autre, brise la ségrégation sexuelle spontanée des groupes d'enfants. De même, les hiérarchies de domination masculine antérieurement établies trouvent de nouvelles occasions de se défaire au profit de nouvelles formes de coalition (Maccoby).


Faire la cour est un jeu assez stéréotypé (avec dominance homme/femme) auquel se prête un couple ayant une attirance mutuelle réciproque : " la jeune fille continue de croire qu'elle doit éviter d'avoir l'air sûr d'elle - même si elle veut être sexuellement attirante et agit en conséquence ; le jeune homme fait étalage de ses prouesses physiques et intellectuelles et se conduit avec une assurance et une autorité qui ne correspondent pas forcément à ce qu'il ressent dans son for intérieur. II doit être aussi empressé, prévenant et délicat. On assiste ainsi à la scène familière où la jeune fille amène la conversation sur un sujet sur lequel elle a des raisons de penser que son compagnon saura disserter judicieusement. Elle l'écoute avec admiration, posant des questions dont souvent elle connaît déjà les réponses, à seule fin de donner l'occasion à son compagnon mâle de briller. Elle peut aussi le provoquer pour qu'il fasse la preuve à ses yeux et aux yeux des autres camarades de ce qu'il sait faire, pour qu'il