INSTITUT D'ANDROLOGIE

identitaires, qu'on aurait bien tort de vouloir étouffer. Quels que soient les partis pris idéologiques, les enseignants savent bien qu'à partir d'un certain âge, les enfants d'une même classe se séparent en deux groupes sexués, s'observent, affichent mutuellement une fausse indifférence ou se font la guerre, jusqu'au moment où ils reforment à nouveau un seul groupe. Alors, les adolescents s'unissent en fonction de leurs affinités personnelles et non plus au seul regard de la distinction sexuelle. Les mères les plus féministes et les pères les plus à l'aise dans leur bisexualité ne pourront jamais empêcher que leurs enfants passent par une phase de revendication - parfois abrupte - de leur identité de genre.


Celle-ci appelle le respect et l'aide du parent du même sexe. Ce qui revient à dire que le père a un rôle considérable à jouer auprès de son fils, et qu'il ne pourra le faire avec efficacité que si lui-même a su régler ses propres problèmes d'identité. " (Badinter)

On peut donc conclure que l'identification au genre masculin est un processus plein d'aléas et d'une acquisition difficile - surtout à l'époque actuelle où la poussée féministe célèbre l'unisexe ou la bisexualité dont Badinter est un des défenseurs. Certes écrit-elle " le modèle androgynal vers lequel on tend (?) ne peut faire l'économie de l'acquisition pour chacun - et particulièrement pour les hommes - d'une solide assurance de sa spécificité sexuelle. C'est seulement celle-ci une fois acquise qu'hommes et femmes peuvent faire route commune ".


Mais on ne peut s'empêcher de penser comme Jost à propos de la fabrique du mâle, que l'acquisition du masculin est " une aventure prolongée, difficile et risquée ". Le sexe fragile, le sexe faible n'est pas celui qu'on croit généralement.

Le problème est donc posé : comment de nos jours assurer une identité sexuelle masculine dans une atmosphère d'androgynat. Faut-il, par exemple, rétablir des classes de garçons et de filles de la 6ème à la 2de ? Quel doit être - de façon idéale - le comportement des parents dans les 3 premières années ? et plus tard ? etc...


Autant de questions auxquelles on aimerait donner une réponse.


V - L'IDENTITÉ MASCULINE


L'identité masculine naît de la complétion et de la concordance entre la " voix intérieure " (spécificité biologique) et le message extérieur (modèle socioculturel) qui joue un rôle prépondérant. Les processus d'identification amènent finalement le sujet à se reconnaître et à être reconnu comme étant conforme au modèle masculin proposé.

1) L'identité masculine est un concept et une réalité évolutive.

- dans le temps de l'histoire humaine : si les fonctions sont restées les mêmes, leurs attributs ont changé ;


- dans le temps de l'histoire individuelle où l'on peut distinguer 4 stades

a) Après la mâlification

" de la période foetale et postnatale par la testostérone, surviennent

b) La masculinisation.

Cette identité masculine de base s'établit fermement et définitivement vers l'âge de 3 ans ; elle se constitue après le mariage entre spécificité biologique et assignation socioculturelle. À partir de cet âge, l'enfant a l'intime conviction d'être sexué mâle. " II semble logique que les effets de l'éducation soient silencieusement majorés par la congruence avec la biologie. " (Stoller).


Pouvoir dire " Moi, un garçon ", c'est répondre sans doute à l'attente de la famille, c'est surtout répondre en partie à la question qui hante tout être humain : " Qui suis-je ? ". Cette réponse d'identité est indispensable pour calmer l'anxiété sous-jacente à la question et pour faire en sorte de " bien se sentir dans sa peau ".


c) L'hominisation.

Après 3 ans et jusqu'à la fin de la puberté, l'identification masculine se poursuit et s'épanouit par le jeu des mécanismes que nous avons évoqués plus haut. C'est probablement surtout pendant cette période que se fait l'acquisition des stéréotypes et des