INSTITUT D'ANDROLOGIE

caractéristiques qui rendront le sujet conforme au modèle de genre masculin secrété par la société. Cette période s'achève avec la résolution du complexe d'Oedipe qui signe l'acceptation définitive du modèle masculin. En possession de ses attributs et de ses droits, le sujet peut dire

"Moi, un homme". En ce sens, affirmer son identité masculine, c'est accepter publiquement les attributs et les statuts du genre masculin, en adopter les comportements et faire siens par avance, les rôles sociaux qui sont dévolus à ce genre dans l'organisation de la société.

d) La socialisation

est l'effet ultime de l'identification. L'ontogenèse achevée, l'individu identifié au groupe des hommes peut et doit accepter un certain nombre de fonctions dévolues au genre masculin par la société. Par conséquent d'autres identifications à des modèles de rôles masculins pourront se produire à différents âges de la vie : homme de métier, chef, guerrier, mari, père...


Au total, on pourra penser que l'identification finalement se résume en l'acquisition ou l'apprentissage de stéréotypes fixant définitivement le comportement de l'individu " homme ". Ce stéréotypage de l'individu a pour la société 3 avantages (Luria)

- caractérisation du type " tout l'un ", " tout l'autre " : masculin ou féminin, il n'y a pas de sexe intermédiaire ou neutre.


- Établissement d'un ensemble de normes communément admises, réglant l'organisation de la vie et de la paix sociales ;

- Fourniture d'un modèle de comportement type pour un garçon (et pour une fille) qui aide les parents à naviguer dans les " eaux troubles " de l'éducation des enfants.


2) L'identité liée au sexe


Elle se construit en même temps que l'inconscient, base de la structure psychologique donc de la personnalité de chaque individu. II y a donc des entrelacs serrés entre les structures de l'identité et de la psychologie... quand elles ne sont pas les mêmes. Est-ce une des raisons de l'importance de la sexualité et de ses


représentations dans l'inconscient ?

Dans l'analyse, si possible scientifique, des caractéristiques du masculin et du féminin, il ressort que les différences sont surtout quantitatives et bien peu qualitatives (un chromosome et un radical de différence entre testostérone et estradiol). II n'y a donc pas scientifiquement parlant - de principe masculin ou de principe féminin qui infiltrerait le corps et le psychisme pour obtenir soit un homme, soit une femme.

L'identité liée au sexe apparaît comme une mosaïque ou un spectre où chaque longueur d'onde correspond à une caractéristique et dont la somme constitue la lumière propre à chaque individu. En ce sens, chaque identité est en réalité bisexuelle. La mosaïque est à dominante masculine pour les hommes, féminine pour les femmes. Chaque individu a un peu de l'Autre en lui - ce qui permet de se comprendre et de communiquer.

Pour l'homme, la part féminine de son identité lui est délivrée par des personnages féminins de son entourage et lui est nécessaire pour résoudre son complexe d'Oedipe. Elle lui est nécessaire également plus tard pour évoluer dans la société et reconnaître ses compagnes, sa femme, ses filles. Le vrai homme n'est pas macho.


Par conséquent, assurer son identité, c'est assurer aussi sa bisexualité, c'est-à-dire reconnaître en soi les composantes masculines et féminines pour parvenir à un développement équilibré. À l'inverse, reconnaître sa bisexualité, ce n'est pas effacer sa qualité masculine, sa qualité d'homme. Cette qualité n'est pas liée à l'état de mâle ; elle est liée à la volonté d'assumer les rôles du genre et de les épanouir dans l'originalité de son moi. On devient homme dans l'action.


En effet, ne parler que de stéréotypes c'est faire la part trop belle à l'environnement socioculturel et oublier que les individus sont doués d'intelligence et peuvent évoluer en liberté. Ceci veut dire que les individus sont capables d'adaptation et d'invention. Ils sont capables de trouver des solutions aux problèmes