INSTITUT D'ANDROLOGIE

L'évitement peut être aussi la neutralité. Pour éviter tout risque au niveau de son identité, le sujet pratique une sorte d'autocastration qui lui permet de s'abstenir de tout jeu sexuel, y compris la masturbation.


sexuel, par exemple dans le masochisme, le fétichisme et les paraphilies. Le macho réduit sa partenaire à l'état d'orifice complaisant ou, comme l'a dit un jour un patient, à l'état de " viande " (!)

c'est la masturbation dans un vagin au cours du coït, rapport sadique à " l'objet sexuel " que l'on tue symboliquement - ce qui est encore une façon de faire disparaître la différence des sexes.


Parmi les paraphilies, le fétichisme est certainement la façon la plus représentative de cette réduction de l'Autre à l'état d'objet. L'objet fétiche se substitue au partenaire dont la sexualité est gommée et disparaît au profit de la seule sexualité de l'homme. Pour Stoller d'ailleurs la fétichisation est une déshumanisation puisque le fétiche représente non seulement le phallus absent mais un être humain.


b) La mise en scène

du rapport sexuel est étroitement liée au choix du partenaire. Certains rapports sexuels se déroulent simplement, sans conditions particulières, " à la papa ". D'autres au contraire ne sont possibles qu'avec une mise en scène. Dans celles-ci, le sujet se met dans un rôle comportant habits, gestes, paroles qui sont évidemment directement liées au vécu de son identité sexuée et de la sexualité. II demande à sa partenaire de participer au jeu dans un rôle souvent très précis. Parce qu'il y a des rôles, il y a mise en jeu des identités de chacun des partenaires, jeu subtil ou grossier qui a presque toujours un caractère obsessionnel : il y a peu de variantes autour du thème principal. C'est notamment le cas dans certains fétichismes ou dans certaines perversions.


Le jeu sexuel est un jeu de " l'oi " (moi et toi) et aussi un jeu de lois (personnelles) où chaque individu risque un peu de son identité. Si le toi est effacé ou nié, il ne reste plus qu'un jeu de moi, un jeu de miroirs où l'individu se contemple et où l'Autre est oublié, disparu. II n'y a plus


aucune communication avec l'Autre à l'occasion d'une relation établie au niveau de ce qui est considéré comme le plus intime de l'individu. II n'y a que peur, angoisse, rejet et intolérance ; il n'y a pas d'épanouissement possible.


c) L'excitation sexuelle

pour Stoller est en rapport directe avec les processus de l'identification sexuée : " Mis à part les effets évidents d'une stimulation des parties érogènes du corps, c'est l'hostilité - le désir manifeste de nuire à l'autre - qui induit et renforce l'excitation sexuelle... Dans l'érotisme, l'hostilité est la tentative sans cesse renouvelée d'annuler les traumatismes et frustrations de l'enfance qui ont menacé le développement de la masculinité ou de la féminité. On trouve cette même dynamique, quoique à des doses et des degrés différents, chez presque tous les individus. "


Dans cette perspective, l'excitation sexuelle et son acmé dans l'orgasme représenteraient l'exaltation de l'identité sexuée, la vibration extrême de la fibre identitaire.


Dans la relation amoureuse à l'Autre, le rapport sexuel apparaît comme un rite de consécration identitaire.


d) Tout à fait à part est le problème du transsexualisme

où il y a divorce entre sexe et genre.


De façon générale, la revendication du transsexuel porte beaucoup plus sur le genre que sur le sexe, c'est-à-dire qu'il revendique les attributs vestimentaires, gestuels, professionnels et sociaux du genre qui est celui de sa conviction. La rectification anatomique qu'il demande est tout à fait secondaire par rapport à ses revendications sociales. Sa sexualité est souvent pauvre et certains transsexuels n'ont pas ou peu de rapports sexuels.


II est donc logique que la revendication finale du transsexuel soit celle concernant son identité sociale, c'est-àdire un jugement du tribunal lui accordant un changement de sexe authentifiant le changement de genre qu'il a effectué (habits, coiffure, comportement, profession). Ce jugement