- l'homme garde le privilège de la protection (service militaire) encore que le métier soit quelque peu discrédité et que nombre de femmes pratiquent des sports martiaux ; en outre, dans un pays comme Israël, la femme participe comme soldat à la défense du pays.

Les seuls domaines où l'homme puisse être "tranquille" au regard de ses droits et, de son pouvoir, c'est dans les fonctions de père et de fils, peut-être parce qu'elles sont biologiquement incontournables et irréductibles. Les nouveaux modes de procréation mettent en question non pas la fonction, mais le mode de la paternité.


Cette réduction progressive des pouvoirs liés traditionnellement à la masculinité, contribue sûrement à la crise d'identité que connaissent beaucoup d'hommes. La question grossière qu'ils se posent peut ainsi se résumer : " si je n'ai plus de pouvoirs, je ne suis plus un homme ; je ne suis pas une femme ; alors qui suis-je ? " L'absence de réponse à cette question est source d'angoisse, de mal-être, d'agressivité, d'impuissance et de recherche de compensations.


Aussi bien dans le domaine professionnel que dans le domaine politique, l'homme reste "toujours habité du sentiment de sa vocation légitime au pouvoir". Comme le dit Maugé : son "modèle identitaire se nourrit de l'obligation de postuler au pouvoir".

Cette confusion entre identité et pouvoir, même si l'un donne accès à l'autre, risque d'obscurcir longtemps les discussions sur l'identité et les fonctions sociales respectives de l'homme et de la femme. Mais tant que ces deux notions, ces deux réalités n'auront pas été clarifiées séparément, le dialogue entre hommes et femmes sera impossible ; la guerre des sexes fera rage de façon plus ou moins explicite. " L'homme en dépit des frustrations inévitables qu'engendre son désir de pouvoir, continue(ra) de détourner son regard de lui-même. Tant il est des malheurs auxquels on ne renonce point aisément... ! " (Maugé). Et pourtant la conquête de l'identité présuppose, le droit à la différence pour soi-même... et pour l'autre