INSTITUT D'ANDROLOGIE

utilité qui reste, pour le moment, inexpliquée, faute - évidemment - d'expérimentations analogues à celles réalisées chez l'animal. Néanmoins, il n'est pas interdit d'imaginer, bien qu'il soit toujours hasardeux d'inférer de l'animal à l'homme, que cette hypertestostéronémie transitoire puisse jouer aussi un rôle organisateur du système nerveux central.


Cette hypothèse pourrait expliquer - au moins en partie - cette pathologie de cause mystérieuse qu'est le transsexualisme. La discordance entre sexe et genre apparaît souvent tôt chez nombre de transsexuels, avant la puberté.


C - ENTRE NAISSANCE ET PUBERTÉ


1) L'animal

II se développe progressivement du point de vue morphologique. C'est surtout une période d'apprentissage ou par le biais d'exercices et de jeux, aussi bien avec ses parents qu'avec ses congénères, l'animal va acquérir un certain nombre d'automatismes. Ceux-ci seront nécessaires non seulement pour la reproduction, mais aussi pour la recherche de nourriture et la prise ou la défense du territoire. Ces données ont fait l'objet d'innombrables études de la part de zoologistes, d'éthologistes et de chercheurs comme Lorenz.


2) Le garçon

Pour le garçon cette période est celle des apprentissages, notamment par le biais des jeux. C'est à leur propos que l'on peut se poser la question de savoir s'il existe une spécificité comportementale liée au sexe, c'est-à-dire à la testostérone. Voici les réponses de Zazzo et Maccoby.

II n'existe pas de caractéristiques psychologiques appartenant exclusivement à un sexe. Les différences sont toujours une question de degré (niveaux d'activité) et ne font que renvoyer à une différence moyenne par rapport au schéma le plus généralement rencontré chez l'un et l'autre sexe.

Pendant les deux premières années de vie, mise à part l'incidence des déficiences congénitales plus nombreuses chez le garçon, les deux sexes sont très similaires dans pratiquement tous les aspects du fonctionnement psychologique en ce qui concerne les enfants normaux.


C'est après l'âge de 2 ans environ que certaines différences commencent à se dessiner nettement dans le comportement social de chaque sexe

a)

Si
la tonicité des postures et des attitudes intervient dans la relation à autrui et dans sa plus ou moins grande facilité, il est important de noter que les garçons ont, de façon générale, une tonicité plus forte et qu'ils sont hypoextensibles par rapport aux filles qui sont hyperextensibles.

b)

Les tests d'intelligence globale
à l'école, ne décèlent aucune différence entre les sexes. Filles et, garçons obtiennent en moyenne les mêmes résultats dans toutes les populations. Cependant deux différences sont à remarquer

- La différence en qualité déjà notée : supériorité verbale chez les filles (épreuve d'orthographe), supériorité de l'aptitude spatiale chez les garçons (épreuve du dossier géométrique).

- Autre différence, la distribution des Q.I. révèle toujours la même différence entre filles et garçons : les résultats obtenus par les garçons sont plus dispersés avec davantage de résultats très faibles et davantage de résultats très élevés, alors que les filles sont davantage groupées autour de la moyenne (courbe de Gauss (fig. 1)) plus resserrée chez le garçon. " La plus forte proportion de débiles profonds et légers chez les garçons est fâcheuse, mais on ne la mentionne que rarement... ! En revanche la plupart des sociétés ont organisé, depuis longtemps, des filières d'éducation supérieure pour les garçons très doués... afin de favoriser leur réussite... et créer une " élite " intellectuelle masculine se traduisant par des filières de pouvoir ! (Sullerot).


QI

Filles

Garçons

N

Fig.l - Répartitions des 01 en fonction du sexe