INSTITUT D'ANDROLOGIE

c) À l'école maternelle, on observe

- Une tendance chez les enfants à jouer avec des enfants de leur propre sexe,

- Les garçons se livrent à des jeux rassemblant un plus grande nombre d'enfants,

- Les garçons sont plus agités et plus turbulents le rapport est de 1 à 10 par rapport aux filles,

- Les garçons ont un comportement plus coléreux et plus bagarreur : bousculade, simulation de luttes, provocations et taquineries verbales,

- Quand un garçon sert de cible, il y a deux possibilités de réaction : soit il contre-attaque et l'agression cesse rapidement, soit il s'enfuit en pleurant : il resservira comme victime toute désignée,

- Les garçons tentent davantage de se dominer les uns les autres et ont tendance à tomber d'accord sur la hiérarchie de domination au sein de leur groupe - ce qui ne semble pas être le cas des filles ; les tentatives de domination des garçons s'exercent plutôt entre eux que contre les filles ; il y a à la fois chez les garçons plus de dominants et plus de soumis que chez les filles ;

- Les garçons ont une tendance beaucoup plus marquée à s'isoler, non pas dans l'inaction mais dans des activités de construction,

- À l'inverse, il existe une coopération et une sociabilité beaucoup plus développées chez les filles, avec une activité verbale étroitement liée à cette coopération (rapport de 1 à 14 pour la coopération, et de 1 à 4 pour la communication verbale).

- Les garçons semblent avoir des relations moins étroites avec les adultes que les filles ; les rapports des jeunes garçons avec les adultes sont plus conflictuels ;ils ont davantage tendance à tenter de dominer les adultes et se conforment moins facilement à leurs souhaits ; à l'inverse les filles, dans leurs jeux, continent à s'intéresser aux adultes ; elles semblent plus désireuses de faire ce que les adultes attendent d'elles ; mais elles cherchent davantage à utiliser les adultes pour arriver à leurs propres fins ;

- Les garçons craignent d'être des " poules mouillées " ; ils évitent toute forme de comportement efféminé ainsi que les jeux considérés comme


féminin type poupée (ou seulement en cachette) ; ils n'ont que mépris pour les maniérismes et intérêts féminins surtout s'ils les voient chez d'autres garçons ; à l'inverse les filles peuvent éprouver de l'intérêt pour des jeux de type masculin et semblent éprouver très peu d'angoisse dans les activités de type " garçon manqué ",

- Globalement, l'adaptation (mesurée par la participation aux activités de classe) à l'école est meilleure chez les filles que chez les garçons, en rapport avec une plus forte motivation pour les activités scolaires, une meilleure stabilité psychomotrice et un meilleur contrôle psychomoteur.

D'une façon générale conclut Zazzo, les différences dues au sexe sont au moins aussi importantes que les différences dues au milieu


d) Plus tard,

les différences dues au milieu l'emportent sur les différences dues au sexe. Celles-ci s'amenuisent dans un milieu relativement favorisé. Elles se maintiennent dans le milieu défavorisé (à cause de l'agressivité réactionnelle ?).

Tous milieux mêlés, 32 % des garçons sont instables contre 6 % des filles ; 19 % des garçons participent activement aux activités de classe (filles 37 %) ; 4 % des garçons participent passivement (filles 57 %). Le pourcentage de garçons redoublants ou triplants est nettement plus élevé que celui des filles et 43 % seulement des garçons n'ont pas de retard contre 6 % des filles.


En ce qui concerne le taux de scolarité normale, il est

- En milieu défavorisé : de 6 % pour les garçons contre 29 % pour les filles,


- En milieu le plus favorisé : de 67 % pour les garçons contre 80 % pour les filles.


II n'est pas besoin d'insister pour dire que la différence est significative et que nous avons là une introduction évidente à l'importance des facteurs socioculturels dans la genèse de l'identité masculine.