INSTITUT D'ANDROLOGIE

Finalement, on peut conclure que les supériorités d'ordre physique ne prennent leur signification de supériorité que dans une certaine structure de rapports humains, que dans une société où opère, à tous les âges, une ségrégation valorisée des sexes (Zazzo).

f) C'est aussi pendant la période de l'enfance que se déroulent les processus d'identification au masculin : nous y reviendrons plus loin.



D - AU MOMENT DE LA PUBERTÉ


Le taux des hormones augmente rapidement et notamment la testostérone. En quelques mois ou années (suivant les espèces), l'animal ou l'enfant devient adulte.


1) L'animal


acquiert sa morphologie définitive avec le développement des caractères sexuels dits secondaires. Il existe souvent un dimorphisme net qui permet de reconnaître au premier coup d'oeil un mâle d'une femelle. En régie générale, le mâle est plus grand, plus trapu parce que plus musclé. Il peut avoir des attributs spécifiques : crinière du lion, couleurs des plumes ou chant particulier, etc...

L'appareil génital atteint son développement maximum, notamment en ce qui concerne l'appareil copulateur. La spermatogenèse se déclenche qui va permettre la reproduction.

L'hormone mâle continue-t-elle à agir sur le système nerveux central ? La réponse est positive. II existe une asymétrie droite gauche chez l'animal. Vincent note qu'on l'observe dans différentes espèces "notamment dans les postures et certains comportements " -ainsi dans la façon de porter la queue. " L'asymétrie porte aussi sur l'anatomie du cerveau. Diamond a montré que le cortex d'un rat mâle est plus épais à droite qu'à gauche ; ce qui semble être vrai également chez le rat, le lapin et la souris... " Van Leunen observe "une abondance particulière de neurones contenant de la vasopressine dans le septum du rat mâle... Les noyaux gris centraux (du rat) sont plus riches en récepteurs de la dopamine à gauche qu'à droite ".

De façon plus précise, on a essayé de savoir où agissait la testostérone. Ainsi, Davis et


Barfield ont étudié chez le rat adulte les régions pré-optiques et ventromédiane de l'hypothalamus : "Lorsque chez le mâle castré à l'âge adulte, on place des cristaux de testostérone (ou d'estradiol) dans la région pré optique de son hypothalamus, l'animal mis en présence d'une femelle réceptive, se comporte selon les usages de son sexe. L'application d'estradiol dans la région ventromédiane de l'hypothalamus provoque au contraire un comportement femelle chez le rat castré. La même dualité est observée chez (a rate. L'implantation d'estradiol ou de testostérone dans la région pré optique d'une rate castrée, provoque chez celle-ci un comportement mâle, tandis que l'inoculation de ces hormones dans son hypothalamus ventromédian déclenche un comportement femelle... A l'état normal, cette bisexualité ne s'exprime pas. Le cerveau préparé pendant la vie foetale et les jours qui suivent la naissance met ensuite en avant l'un des centres mâle ou femelle selon la différenciation sexuelle périnatale. L'autre centre n'exerce vraisemblablement plus qu'un contrôle sur le centre directeur".


Vincent ajoute que le "centre masculin" préoptique fait partie d'un ensemble de structures antérieures et latérales qui gouverneraient les fonctions parasympathiques et seraient impliquées dans la genèse des comportements d'approche et d'autostimulations... Le comportement sexuel du mâle se traduit par une forte composante parasympathique dont l'élévation d'acétyl-choline est la manifestation la plus visible... Le "centre féminin" serait impliqué dans les fonctions orthosympathiques et dans les comportements de fuite et d'aversion.


Du point de vue comportemental, l'hormone mâle a une action évidente. L'animal castré perd de son agressivité soit à l'égard des autres mâles en période de reproduction, soit quand l'animal se sent menacé. Le traitement hormonal rétablit l'agressivité. Aussi, la testostérone a-t-elle été surnommée "hormone de l'agressivité ". "Le comportement est un caractère sexuel au même titre que la barbe ou les génitoires" (Vincent).