INSTITUT D'ANDROLOGIE

Au total, chez l'animal adulte, on constate l'existence d'un dimorphisme sexuel non seulement anatomique mais aussi nerveux, cérébral et comportemental (automatismes). L'existence d'une asymétrie cérébrale est probablement liée à un objectif fonctionnel. Comme le remarque De Voogt, l'hormone mâle joue un rôle activateur, au niveau des structures qu'elle a contribué à créer auparavant.


2) Chez l'homme


Pendant la puberté, la morphologie, l'appareil génital et les caractères sexuels se développent. À la fin de la puberté, l'adolescent est devenu anatomiquement adulte. La puberté représente donc le dernier stade de l'ontogenèse masculine.

Chez l'adulte, s'il existe manifestement un habitus masculin dont la testostérone est en partie responsable, entraîne-t-elle aussi un comportement spécifiquement masculin, via son action sur le système nerveux et le cerveau ?


a) L'habitus masculin

(ou androïde)

L'habitus définit la silhouette, une allure générale qui permet la reconnaissance du sexe de l'individu au premier (ou au deuxième) coup d'oeil. Voici les caractéristiques de l'habitus masculin


· La morphologie

- Les os chez l'homme sont plus gros et un peu plus longs ( " il est bien charpenté "), mais le bassin est moins large que chez la femme.

- Les muscles sont plus développés et l'exercice physique peut leur donner un volume impressionnant : la cellule musculaire est une cellule cible de la testostérone dont elle possède les récepteurs.

Il en résulte que chez l'homme, par rapport à la femme

- La taille est plus grande (" stature imposante"),

- Le poids est plus lourd,

- Les épaules sont "carrées" avec un tour nettement plus large (" carrure impressionnante"),

- Pieds et mains sont plus grands et plus larges,


11,

- Le tour de taille est plus large.

Ces données anatomiques jointes aux dimensions du bassin et des fesses finissent par composer une morphologie et une silhouette androïdes (ou masculines).

· La peau est plus épaisse - ce qui la protège plus longtemps des rides

Le tissu graisseux est moins abondant : le corps a des contours plus anguleux

Les poils se développent notamment au niveau des membres, du thorax, du pubis et de la région hypogastrique (pilosité de forme losangique) et du visage.

· Le visage a des traits épais ; les sourcils sont plus fournis.


La moustache et la barbe sont des attributs typiquement masculins. Les cheveux sont épais. Nez et oreilles sont un peu plus grands. Quant aux dimensions de la boîte crânienne, elles sont les mêmes dans les deux sexes.

· La voix est plus grave, avec une pomme d'Adam (cartilage laryngé) bien saillante.


· Les bourses et la verge provoquent le gonflement suggestif du slip.


Néanmoins, on sait bien que ces données n'ont qu'une valeur indicative générale. II existe des hommes de petite taille, frêles, aux traits fins, à la voix de ténor et quasi imberbes. De la même façon, il existe des femmes grandes, de bonne carrure, aux traits épais, avec plus qu'un duvet sur les membres et à la voix plutôt grave. On sait bien que la prise d'oestrogènes par un homme " féminise " son allure comme dans le traitement du cancer de la prostate ou dans le cas du transsexualisme.

Inversement, la prise d'androgènes par une femme, masculinise son allure. II n'y a donc pas de limites infranchissables entre les morphologies masculine et féminine. Aussi comme il peut y avoir confusion entre les deux sexes, l'Église a imposé comme ultime épreuve pour l'élection d'un pape, l'épreuve "anatomique" : "Testes habet et bene pendentes"!